lundi 26 octobre 2020

Je n'y croyais pas vraiment, à la deuxième vague


Fin juillet, il y a trois mois donc, j'avais lu dans le journal "La Libre" un article qui envisageait une deuxième vague de Covid-19. Il se référait à une étude faite par deux scientifiques flamands. Eh bien voilà, nous y sommes.

Je reproduis l'article ci-dessous, avec la fameuse illustration qui m'avait fait dire à l'époque : "non, quand même, ils sont sérieux ?".

Eh bien voilà. Ils avaient raison.


"La perspective est effrayante au regard de ce qu’il s’est passé ces derniers mois  : la deuxième vague tant redoutée, qui semble avoir pris son envol depuis deux semaines, pourrait avoir des conséquences bien pires que celles connues au plus fort de la première vague si des mesures restrictives fortes n’étaient pas prises dès aujourd’hui pour endiguer cette évolution néfaste.


Selon les chercheurs flamands Geert Molenberghs (du Centre de biostatistique et de bioinformatique statistique de la KULeuven) et Kurt Barbe (professeur au département de mathématiques et au département de santé publique de la VUB), le nombre de cas de contaminations devrait afficher une courbe exponentielle jusqu’au mois d’octobre au moins. Avec elle, la courbe des hospitalisations devrait également progresser dangereusement, au point d’arriver à son apogée en novembre.


Selon cette courbe, on frôlerait la barre des 10.000 personnes hospitalisées pour cause de coronavirus pour le début du mois de novembre. À titre de comparaison, le nombre maximum de personnes hospitalisées simultanément durant la première vague de l’épidémie avait été atteint le 6 avril, avec 5.759 personnes hospitalisées.


Au plus fort de l’épidémie, la barre des 300 décès quotidiens enregistrés était régulièrement atteinte. Selon les calculs réalisés par Kurt Barbe et Geert Molenberghs, le nombre de décès devrait exploser, notamment car les services hospitaliers seraient alors complètement saturés. “Les derniers chiffres concernant les hospitalisations publiées par Sciensano augmentent considérablement par rapport au modèle réalisé précédemment, souffle Kurt Barbe. Avec un facteur de contamination de 1,2 (NDLR : une personne souffrant du Covid en contaminerait 1,2 autour d’elle), j’ai bien peur que les données soient conformes aux attentes pessimistes qui ont été faites à la mi-mai.”

Et le scientifique de craindre que des reconfinements locaux – comme cela se passe dans plusieurs pays d’Europe – ne deviennent inévitables. “J’ai peur que les lockdowns locaux ne puissent pas être évités, confirme Kurt Barbe. C’est comme pour des feux de forêt difficiles à contrôler : la croissance exponentielle s’installe. C’est lent, donc les gens minimisent l’impact de cette croissance. Mais c’est typique d’un processus multiplicatif.”

Kurt Barbe espère toutefois qu’une prise de conscience permettra d’inverser la courbe. “Nous avons jusqu’au 31 juillet pour inverser la croissance, la stabilisation ne suffit pas.”


Et voici la note qui accompagnait la communication des deux scientifiques (traduction du texte en néerlandais) :


"Je n'avais pas l'intention de mettre à jour le dernier article si tôt. Les derniers chiffres d'hospitalisation publiés par Sciensano montrent une augmentation plus forte que ce que j'ai publié plus tôt. Mon modèle maintient le facteur R actuel à 1,2064. Hier, le collègue Geert Molenberghs a donné un aperçu des projections que nous avons faites avec les différents modélisateurs à la mi-mai, à quoi ressemblera une deuxième vague. Je crains que les données ne correspondent aux attentes pessimistes qui avaient été faites à l'époque. Je crains que les verrouillages locaux ne puissent être évités de cette manière. Ils sont comme des incendies dans une forêt, ce qui est difficile à contrôler. Une croissance exponentielle est en cours et les gens ne sont pas suffisamment conscients qu'il s'agit d'un processus multiplicatif. C'est lent, ce qui signifie que les gens minimisent rapidement, mais c'est inhérent à un processus multiplicatif. Nous avons encore jusqu'au 31 juillet pour inverser la croissance, la stabilisation ne suffit pas.

J'espère apporter de meilleures nouvelles la prochaine fois ..."

5 commentaires:

  1. C'est l'histoire du nénuphar dont la taille double tous les jours et qui recouvre un lac en 10 jours. Le 9 ème jour, le lac n'est recouvert qu'à 50 % et non pas à 90 % comme on le pense souvent. Mais le 9 ème jour, il est trop tard. Cette histoire illustre bien le problème de la croissance exponentielle. Tout est très lent au départ avant d'exploser.

    Les jours s'annoncent sombres.

    Carmilla

    RépondreSupprimer
  2. Les insouciants, les négationnistes, tous ceux qui minimisent cette pandémie ont été démentis. Mais reconnaîtront-ils leurs erreurs ?

    RépondreSupprimer
  3. Les négationnistes me gênent beaucoup. La pente est rapide vers l'eugénisme, la sélection naturelle. Je vais même être brutale. On comprend mieux, avec cette pandémie, comment l'idéologie nazie a pu se développer : le plein épanouissement de la liberté des plus forts s'accommode de l'élimination des plus faibles, de tous ceux dont la vie ne mérite plus d'être vécue et qui encombrent la société de leur poids. Qu'ils crèvent donc les vieux et les malades, c'est dans l'ordre des choses, ça libérera du travail et des biens immobiliers, c'est ce que beaucoup de gens pensent sans oser encore, toutefois, l'exprimer. Mais ça viendra peut-être.

    Carmilla

    RépondreSupprimer
  4. Leur attitude est en tout cas la négation même de l'humanisme. Et ils jouent avec les chiffres : laisser faire l'"immunité collective", comme certains le proposent, pourrait conduire à 300.000 morts dans un pays comme la France. Ils noient alors le poisson en disant que ça ne ferait "que" 0,5 % de la population.

    RépondreSupprimer
  5. Ils ne savent a l'évidence pas ce qu'est l'immunité collective. Mais effectivement, cela a fait partie du cauchemar. Toutefois, ils peuvent être également touchés... mais le seront ils ?

    Pivoine.

    RépondreSupprimer